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Biological Nurturing : bien plus qu'une position

Le Biological Nurturing va bien au-delà d’une position d’allaitement. Découvrez comment le confort maternel, la pesanteur, les appuis et les réflexes naturels de bébé peuvent favoriser la prise du sein et accompagner l’allaitement.

Mère allaitant son bébé en position BN

Allaiter est naturel : le corps de la mère se prépare biologiquement à nourrir son bébé et le nouveau-né possède dès sa naissance des réflexes qui participent à l’allaitement.

Pour autant, naturel ne veut pas dire facile, automatique ou évident pour toutes les mères et tous les bébés.

Trouver comment s’installer, comprendre les mouvements de son bébé, savoir quand et comment lui proposer le sein ou faire face à une tétée douloureuse peut demander du temps et parfois un accompagnement.

Le Biological Nurturing, souvent abrégé BN, propose justement de regarder l’allaitement autrement.

Plutôt que de chercher à reproduire une position parfaite ou une succession précise de gestes, cette approche s’intéresse aux conditions qui permettent à la mère et à son bébé d’utiliser davantage leurs comportements spontanés et leurs compétences naturelles.

Qu’est-ce que le Biological Nurturing ?

Le Biological Nurturing a été développé par Suzanne Colson, sage-femme et docteure en lactation humaine.

On l’associe souvent à la « position BN », à la « position transat » ou à l’allaitement semi-incliné. Pourtant, le BN ne se résume pas à une position d’allaitement.

Il s’intéresse à l’ensemble de ce qui se passe entre la mère et son bébé pendant la tétée : leur position, leur contact, les mouvements et réflexes du nouveau-né, les gestes spontanés de la mère, leurs interactions, mais aussi les différents états d’éveil et de sommeil du bébé.

C’est pour cette raison que Suzanne Colson parle notamment d’« allaitement instinctif ».

Pourquoi parle-t-on « d’allaitement instinctif » ?

Cette expression peut être déroutante.

Parler d’allaitement instinctif ne signifie pas que toutes les mères devraient savoir immédiatement comment allaiter leur bébé, ni que l’allaitement devrait se mettre en place facilement et spontanément pour tout le monde.

Notre corps est biologiquement préparé à allaiter et le nouveau-né possède dès sa naissance des réflexes et des comportements qui participent à l’allaitement. La mère présente elle aussi des gestes et des comportements spontanés lorsqu’elle interagit avec son bébé.

Mais avoir des bases biologiques ne signifie pas que celles-ci vont pouvoir s’exprimer de la même manière dans toutes les circonstances.

Ces comportements ont besoin de conditions favorables pour pouvoir s’exprimer.

Et c’est justement là que notre mode de vie actuel peut parfois compliquer les choses.

Nous vivons dans une société où les jeunes mères peuvent être confrontées au stress, à la fatigue, à une charge mentale importante, à de nombreuses injonctions et parfois à un manque de soutien. Alors que l’être humain s’est développé comme une espèce sociale, où le maternage s’inscrivait dans un environnement collectif, beaucoup de parents se retrouvent aujourd’hui à devoir assumer énormément de choses seuls. Le manque de communauté et de soutien peut lui-même devenir une source de stress et d’épuisement.

Les conditions entourant la naissance ont également leur importance. Un accouchement très médicalisé, certaines interventions, une séparation précoce entre la mère et son bébé ou simplement un vécu de naissance difficile peuvent modifier les premières interactions et rendre moins évidente l’expression de certains comportements spontanés.

Cela ne signifie pas qu’un accouchement médicalisé empêche l’allaitement ou le lien mère-bébé : cela signifie simplement que les conditions ne sont pas toujours celles qui facilitent le plus leur expression spontanée.

À cela s’ajoute notre environnement culturel. Nous avons parfois peu vu allaiter avant d’avoir notre propre enfant. Nous recevons de nombreux conseils, parfois contradictoires, sur la façon de tenir bébé, de le mettre au sein ou de savoir s’il « fait correctement ».

Pourtant, chez l’être humain, l’observation, la transmission et l’accompagnement font aussi partie de la façon dont les comportements maternels se construisent et s’expriment.

C’est pourquoi naturel ne veut pas dire instinctif, et biologique ne veut pas dire que l’on doit toujours savoir faire seule.

Le Biological Nurturing cherche justement à favoriser certaines conditions : une mère confortablement installée et soutenue, un environnement favorable à l’ocytocine, un bébé proche de son corps, le respect de ses états de sommeil, de la liberté dans leurs mouvements et davantage de place laissée à leurs comportements spontanés.

Il ne s’agit donc pas de demander à une mère de « retrouver son instinct » à tout prix. Il s’agit plutôt de diminuer autant que possible ce qui peut entraver l’expression de ses comportements spontanés et de ceux de son bébé, puis de les accompagner lorsqu’une aide est nécessaire.

De la grossesse aux premiers jours : préserver une continuité pour bébé

La naissance représente un immense changement pour votre bébé.

Pendant plusieurs mois, il a vécu contenu dans votre corps, bercé par vos mouvements, votre voix et les bruits de votre organisme. Il était nourri en continu par le placenta et, bien avant sa naissance, il effectuait déjà des mouvements de succion et de déglutition.

À la naissance, beaucoup de choses changent : il doit respirer, réguler sa température, découvrir un nouvel environnement et passer progressivement d’un nourrissage continu par le placenta à une alimentation active au sein.

Mais tout n’a pas besoin de changer en même temps.

C’est une notion importante en Biological Nurturing : préserver des points de continuité entre la vie dans l’utérus et la vie après la naissance.

Pendant la grossesse, bébé était dans votre ventre. Après la naissance, il peut maintenant être sur votre ventre, contre votre poitrine, à proximité du sein.

Votre corps devient en quelque sorte son nouvel habitat.

Il y retrouve votre chaleur, votre odeur, votre voix, vos mouvements et le contact de votre corps.

C’est ici que prend tout son sens une expression souvent utilisée en Biological Nurturing : garder bébé « à la bonne adresse ».

Qu’est-ce que « la bonne adresse » en Biological Nurturing ?

Pendant les premiers jours, être « à la bonne adresse » signifie que bébé est installé sur le corps de sa mère, avec sa joue contre votre sein.

Il n’est pas forcément en train de téter. Il peut être contre vous, dormir, bouger, chercher ou simplement rester blotti près du sein.

Son orientation peut également varier : il peut être installé de façon longitudinale, oblique ou bien faire les positions autour du sein comme à l'image des aiguilles d'une horloge. L’objectif n’est donc pas de reproduire une position unique.

Suzanne Colson résume cette notion par une formule particulièrement parlante : pendant les premiers jours, « la bonne adresse » est sur le sein, et non sous le sein.

Cette proximité permet au sein d’être présent dans l’environnement immédiat du nouveau-né lorsque ses mouvements spontanés et ses réflexes s’expriment.

Et c’est particulièrement intéressant lorsque l’on prend en compte son sommeil.

Pourquoi cette continuité est-elle particulièrement importante les trois premiers jours ?

Les 48 premières heures et, plus largement, les trois premiers jours constituent une période particulière dans le démarrage de l’allaitement.

Votre bébé ne passe pas brutalement du fonctionnement fœtal à celui d’un bébé plus âgé.

Avant sa naissance, il suçait et déglutissait déjà par épisodes. Après la naissance, certains de ces mouvements se poursuivent et peuvent participer à la mise en place de l’allaitement lorsqu’il se trouve contre sa mère.

C’est pourquoi le sommeil occupe une place importante dans le BN : un bébé qui semble dormir n’est pas nécessairement un bébé qui ne peut pas téter.

Lorsqu’il est « à la bonne adresse », près du sein, il peut présenter des mouvements de succion et de déglutition et parfois prendre le sein sans nécessairement être complètement réveillé.

Garder bébé à la bonne adresse pendant les premières 48 heures fait ainsi partie des principes utilisés en BN pour faciliter le démarrage de l’allaitement.

Les premières tétées sont également différentes de celles que vous observerez quelques jours ou quelques semaines plus tard. Avant la montée de lait, bébé reçoit de petites quantités de colostrum et peut téter fréquemment.

Le BN cherche ainsi à accompagner cette transition entre la vie intra-utérine et la vie après la naissance, plutôt qu’à attendre immédiatement du nouveau-né le comportement d’un bébé plus âgé.

La mère aussi traverse cette continuité

Cette période ne concerne pas uniquement votre bébé.

Votre corps vient lui aussi de traverser la grossesse et l’accouchement. Les premières heures et les premiers jours se déroulent dans un contexte hormonal particulier, où l’ocytocine occupe notamment une place importante.

Le contact avec votre bébé, son odeur, le toucher, les regards échangés, mais également votre confort physique et psychologique font partie de cet environnement.

C’est aussi pour cela qu’en Biological Nurturing, le confort de la mère n’est pas secondaire.

Vous installer confortablement, soutenir votre corps, garder bébé proche de vous et vous laisser les mains libres ne servent pas uniquement à obtenir une meilleure « position au sein ».

On cherche également à laisser de la place à vos interactions et à vos comportements spontanés.

Comment s’installe-t-on en Biological Nurturing ?

La première personne à installer confortablement, c’est vous.

Vous êtes généralement adossée et inclinée vers l’arrière, sans être complètement allongée à plat.

Il n’existe pas d’angle précis à respecter. Certaines mères seront légèrement inclinées, d’autres davantage. L’important est que votre corps soit réellement soutenu et que vous puissiez relâcher votre dos, votre nuque, vos épaules et vos bras.

Vous ne devriez pas avoir l’impression de devoir maintenir votre position.

Votre bébé vient ensuite se placer sur votre corps, ventre contre vous.

Là encore, il n’existe pas une position unique : il peut être dans des inclinaisons selon votre morphologie, la sienne et ce qui fonctionne pour vous deux.

Le BN s’adapte à la dyade mère-bébé, et non l’inverse.

Pourquoi être inclinée vers l’arrière pour allaiter ?

Lorsque vous allaitez assise très droite, vous devez souvent utiliser vos bras pour maintenir le poids de votre bébé contre vous.

En vous inclinant vers l’arrière, votre propre corps devient davantage une surface sur laquelle bébé peut reposer et prendre appui.

La pesanteur devient alors une alliée : elle contribue à maintenir bébé contre votre corps plutôt qu’à l’en éloigner.

Cette installation offre également davantage de possibilités d’orientation à votre bébé.

Et lorsque votre corps est correctement soutenu, vos mains sont beaucoup plus libres.

Vous pouvez les utiliser pour toucher votre bébé, le caresser, le sécuriser, l’accompagner ou modifier légèrement son orientation lorsque vous en ressentez le besoin.

Pourquoi le contact ventre contre ventre est-il important ?

Le contact ventral est un des éléments central du BN.

Lorsque votre bébé repose ventre contre ventre, celui-ci devient son support et lui offre de nombreux points d’appui.

Dans le Biological Nurturing, le contact continu de la région du nombril du bébé avec le corps maternel fait également partie des éléments associés à l’expression des mouvements spontanés et des réflexes archaïques du nouveau-né.

Le contact ventral continu, la stimulation du nombril, l’appui plantaire, le sommeil et la pesanteur font partie des mécanismes utilisés en BN pour favoriser une expression plus fluide des mouvements de bébé vers le sein.

Ses jambes, ses pieds, ses bras, ses mains et sa tête peuvent alors participer à ses mouvements autour du sein.

Le corps de la mère devient l’environnement à partir duquel bébé peut organiser ses mouvements et utiliser ses compétences.

Pourquoi mon bébé bouge-t-il autant lorsqu’il cherche le sein ?

Votre bébé tourne la tête, ouvre la bouche, bouge les bras, pousse avec ses jambes ou semble parfois s’agiter contre vous ?

Ces mouvements peuvent facilement donner l’impression qu’il n’arrive pas à prendre le sein ou même qu’il le repousse.

Pourtant, le nouveau-né possède de nombreux mouvements spontanés et réflexes qui participent à son comportement au sein.

Certains peuvent l’aider à chercher le sein, à s’en rapprocher, à le prendre ou à se stabiliser contre votre corps.

C’est l’un des changements de regard proposés par le BN : tous les mouvements de bébé ne sont pas forcément des mouvements parasites qu’il faudrait empêcher.

L’installation peut au contraire permettre à certains de ses réflexes de devenir utiles.

Mon bébé pousse avec ses pieds : est-ce qu’il repousse le sein ?

Pas nécessairement.

Lorsqu’un bébé pousse avec ses pieds contre votre ventre, votre cuisse, votre main, un coussin ou une autre partie de votre corps, il peut utiliser cet appui pour se stabiliser et organiser son mouvement.

L’appui plantaire fait justement partie des éléments importants dans le BN.

À l’inverse, lorsque ses pieds restent dans le vide sans trouver de support, certains bébés peuvent multiplier leurs mouvements en cherchant un appui qui leur permette de se stabiliser.

Si l’ensemble de son corps devient moins stable, sa prise du sein peut également devenir moins stable et parfois inconfortable.

Avant de chercher à immobiliser ses jambes, il peut donc être intéressant d’observer ce que votre bébé essaie de faire et de lui proposer simplement un appui au niveau des pieds.

Faut-il maintenir la tête de bébé pour l’aider à prendre le sein ?

Lorsqu’un bébé peine à prendre le sein, il est tentant de maintenir sa tête pour amener directement sa bouche vers le mamelon.

Mais sa tête participe elle aussi à ses mouvements de recherche.

En Biological Nurturing, on cherche donc à lui conserver une certaine liberté de mouvement, tout en lui apportant le soutien et la sécurité dont il a besoin.

Cela ne signifie absolument pas que vous ne devez pas toucher ou aider votre bébé.

Au contraire, vous pouvez spontanément le caresser, le soutenir, le rapprocher, modifier légèrement son orientation ou l’accompagner vers le sein.

L’idée est plutôt de soutenir sans chercher systématiquement à immobiliser.

Peut-on laisser bébé prendre le sein seul ?

Lorsque votre bébé dispose de compétences de succion efficaces et ne présente pas de difficulté particulière, on peut lui laisser davantage d’initiative.

Installé contre vous, il peut utiliser ses mouvements, ses réflexes et les appuis qu’il trouve sur votre corps pour chercher le sein et participer lui-même à sa prise.

Certains bébés vont ainsi effectuer une grande partie du chemin vers le sein avec très peu d’aide.

Cela ne signifie pas pour autant que la mère doit rester immobile et attendre. Le BN ne consiste pas à poser bébé sur sa mère et à le laisser se débrouiller seul.

Les comportements spontanés de la mère ont eux aussi toute leur place : elle regarde son bébé, le touche, le sécurise et intervient naturellement lorsqu’elle en ressent le besoin.

Et si mon bébé présente une difficulté de succion ?

C’est une nuance particulièrement importante.

Tous les bébés ne disposent pas des mêmes compétences au sein.

Une difficulté anatomique et/ou fonctionnelle, ou certaines tensions, peuvent modifier la façon dont bébé utilise sa langue, sa mâchoire, sa tête ou plus globalement son corps pendant la tétée.

Dans cette situation, le but n’est pas d’attendre qu’il réussisse seul sous prétexte que l’allaitement est naturel.

Le Biological Nurturing peut être adapté.

On peut conserver ses grands principes: votre confort, le contact ventral, les appuis, la pesanteur, la liberté de mouvement et la prise en compte des états de sommeil, tout en modifiant l’installation et en accompagnant davantage bébé.

L’objectif est alors de s’appuyer sur les compétences qu’il possède tout en l’aidant dans ce qui reste difficile pour lui.

Et lorsque la difficulté persiste, une évaluation de sa prise du sein, de sa succion et du transfert de lait peut être nécessaire.

Mon bébé doit-il être parfaitement réveillé pour téter ?

Pas nécessairement.

Le nouveau-né alterne différents états : sommeil calme, sommeil agité, somnolence, éveil calme, éveil agité et pleurs.

Il peut présenter des comportements de tétée dans certains états de sommeil ou de somnolence comme dans des états d’éveil.

En BN, le sommeil n’est donc pas considéré uniquement comme un obstacle à la tétée. Il peut notamment diminuer l'intensité et l'amplitude de certains mouvements réflexes du nouveau-né.

Il n’est donc pas toujours nécessaire d’attendre qu’un bébé soit complètement réveillé ou qu’il pleure avant de lui proposer le sein.

Vous pouvez observer des signes beaucoup plus discrets : de petits mouvements, une modification de son expression, des mouvements de bouche, de tête ou de mains.

Les pleurs correspondent déjà à un état d’agitation. Lorsque bébé pleure et ne parvient pas à prendre le sein, vous pouvez d’abord le prendre contre vous et l’aider à retrouver un état plus calme avant de lui reproposer le sein.

Cela ne signifie toutefois ni qu’il faut systématiquement réveiller un bébé pour téter, ni qu’il ne faut jamais le réveiller. Son terme, son état de santé, son âge, l’efficacité de ses tétées, le transfert de lait et sa prise de poids doivent toujours être pris en compte.

Le peau à peau est-il indispensable pour pratiquer le BN ?

Le peau à peau peut être particulièrement intéressant après la naissance et lors du démarrage de l’allaitement.

Mais le Biological Nurturing ne nécessite pas d’être systématiquement nu en peau à peau.

Bébé peut également être légèrement habillé.

Le BN peut donc trouver sa place dans votre quotidien sans devoir vous déshabiller à chaque tétée.

Ce qui reste important est notamment la façon dont vos deux corps sont en contact et la possibilité pour bébé de conserver ses mouvements et ses appuis.

Le Biological Nurturing peut-il aider en cas de douleurs ou de crevasses ?

La façon dont le corps de votre bébé arrive au sein influence sa prise du sein.

Modifier l’installation peut donc parfois changer rapidement les sensations ressenties pendant la tétée.

Le Biological Nurturing a d’ailleurs été étudié dans ce contexte. Un essai randomisé publié en 2020 a retrouvé moins de problèmes mammaires précoces chez les mères accompagnées avec cette approche, notamment moins de mamelons douloureux et de crevasses.

L’utilisation du Biological Nurturing était associée dans cette étude à une réduction d’environ 50 % du risque de problèmes mammaires considérés dans leur ensemble.

Une douleur persistante ou des crevasses nécessitent néanmoins d’en rechercher la cause : prise du sein, efficacité de la succion, contraintes mécaniques ou autres difficultés peuvent notamment être impliquées.

→ À lire également : Crevasses pendant l’allaitement : causes et solutions

Comment essayer le Biological Nurturing chez vous ?

Commencez par chercher votre confort.

Installez-vous dans un canapé, un fauteuil ou votre lit de façon à pouvoir vous adosser et vous incliner vers l’arrière. Utilisez des coussins si nécessaire afin que votre dos, votre nuque, vos épaules et vos bras soient réellement soutenus.

Vous ne devriez pas avoir l’impression de devoir « tenir » votre position.

Installez ensuite bébé sur vous, ventre contre ventre, en lui laissant suffisamment de liberté pour bouger ses bras et ses jambes et trouver des appuis.

Puis observez-le.

Il peut bouger la tête, pousser avec ses pieds, utiliser ses mains, chercher et ouvrir la bouche.

Si votre bébé ne présente pas de difficulté particulière, vous pouvez lui laisser du temps et de l’initiative pour voir comment il utilise spontanément son corps pour aller vers le sein.

Et vous pouvez bien sûr l’accompagner dès que vous en ressentez le besoin.

Il ne s’agit pas de réussir une technique. Il s’agit plutôt de découvrir comment vous et votre bébé fonctionnez ensemble.

Comment savoir si mon bébé boit réellement ?

Que vous utilisiez le BN ou une autre position, une tétée ne doit pas être évaluée uniquement sur son apparence. Une prise du sein qui semble parfaite ne suffit pas à confirmer que bébé reçoit efficacement du lait.

Il faut également observer le transfert de lait.

Les mouvements de sa mâchoire et ses déglutitions apportent notamment des informations sur ce qu’il se passe réellement pendant la tétée.

Dans les premiers jours, l’évolution des urines et des selles est également importante et, sur la durée, l’évolution du poids reste un élément essentiel de l’évaluation de l’allaitement.

Le BN n’a donc pas pour objectif d’obtenir une « belle position », mais une situation dans laquelle vous êtes confortable et où votre bébé peut téter efficacement.

Le Biological Nurturing est-il seulement utile au démarrage de l’allaitement ?

Non.

Il est particulièrement intéressant pendant les premiers jours, lorsque le nouveau-né se trouve encore dans cette période de transition entre la vie intra-utérine et la vie après la naissance.

Ses états de sommeil, ses mouvements spontanés et ses réflexes occupent alors une place importante.

Le BN cherche justement à préserver certains points de continuité pendant cette transition, notamment en gardant bébé proche de sa mère et « à la bonne adresse ».

Mais le Biological Nurturing peut également être utilisé plus tard.

Votre bébé grandit, ses compétences motrices évoluent et vos façons de l’allaiter changent avec lui.

Avec le temps, vous trouverez probablement vos propres installations, parfois très éloignées de celles des premiers jours.

Le BN n’a pas vocation à vous enfermer dans une position : il accompagne justement cette liberté.

Et si une autre position nous convient mieux ?

Alors gardez-la. Il n’existe pas une seule bonne manière d’allaiter.

Vous pouvez préférer allaiter couchée sur le côté, en madone, en ballon de rugby ou changer de position selon les moments.

Le Biological Nurturing est une possibilité supplémentaire pour comprendre autrement les interactions entre votre corps et celui de votre bébé.

Si vous êtes confortable, que vous n’avez pas mal et que votre bébé reçoit efficacement votre lait, il n’y a aucune obligation de changer une installation qui fonctionne pour vous deux.

Et si allaiter n’a rien d’instinctif pour moi ?

C’est peut-être l’une des questions les plus importantes.

Vous pouvez avoir souhaité allaiter pendant toute votre grossesse et vous retrouver, une fois votre bébé dans vos bras, à ne absolument pas savoir comment faire.

Vous pouvez avoir besoin que quelqu’un vous aide à comprendre ses mouvements, à trouver une installation confortable, à évaluer le transfert de lait, à identifier les moments où votre bébé boit réellement ou encore à repérer une difficulté de succion.

Cela n’est pas contradictoire avec le caractère biologique de l’allaitement.

L’expression « instinct maternel » peut elle-même être piégeuse lorsqu’elle laisse entendre qu’une mère devrait posséder immédiatement un savoir-faire inné. Lorsque cette attente ne correspond pas à ce qu’elle vit réellement, elle peut au contraire nourrir culpabilité, détresse ou sentiment d’incompétence.

Naturel ne veut pas dire facile. Et avoir besoin d’aide n’est pas incompatible avec les comportements spontanés sur lesquels s’appuie le BN.

Le Biological Nurturing ne devrait donc jamais devenir une nouvelle injonction à « savoir allaiter instinctivement ».

Son intérêt est au contraire de redonner de la place à ce qui existe déjà chez vous et chez votre bébé, de vous redonner du confort, de vous permettre d’être actrice de votre allaitement et de vous redonner confiance en vos capacité à allaiter, tout en reconnaissant qu’un accompagnement et des adaptations peuvent être nécessaires lorsque quelque chose ne fonctionne pas.

FAQ – Biological Nurturing et allaitement

Quelle est la différence entre le BN et la position transat ?

La position semi-inclinée, parfois appelée « position transat », fait partie du Biological Nurturing.

Mais le BN est plus large : il s’intéresse également au contact entre la mère et son bébé, à la pesanteur, aux mouvements et réflexes du nouveau-né, aux comportements spontanés de la mère, aux différents états de vigilance de bébé et aux interactions mère-bébé.

Bébé doit-il prendre le sein tout seul en BN ?

Non. Lorsqu’il dispose de compétences de succion efficaces, on peut lui laisser davantage d’initiative. Mais prendre le sein seul n’est pas un objectif à atteindre, tout de suite, à tout prix.

La mère peut l’accompagner si elle en ressent le besoin et, lorsqu’une difficulté anatomique et/ou fonctionnelle est présente, l’installation et l’aide apportée sont adaptées.

Mon bébé pousse avec ses jambes : dois-je l’en empêcher ?

Pas nécessairement. Ses jambes et ses pieds peuvent lui fournir des appuis et participer à ses mouvements autour du sein.

Avant de chercher systématiquement à immobiliser ses jambes, observez ce qu’il essaie de faire et vérifiez notamment s’il dispose d’un appui au niveau des pieds : votre cuisse, votre main, un coussin ou une autre partie de votre corps peuvent lui permettre de se stabiliser.

Le BN fonctionne-t-il si mon bébé a une difficulté de succion ?

Le BN peut être adapté aux compétences du bébé.

On peut conserver le confort maternel, le contact ventral, les appuis, la pesanteur, les états de sommeil et la liberté de mouvement tout en apportant davantage d’accompagnement.

Une difficulté persistante nécessite cependant une évaluation.

Le BN peut-il aider en cas de crevasses ?

Il peut faire partie des ajustements proposés lorsque la prise du sein est douloureuse, et les positions semi-inclinées ont montré un intérêt dans la diminution des douleurs et traumatismes du mamelon.

Mais si une crevasse persiste ou revient régulièrement, il faut également rechercher ce qui provoque la lésion.

Comment savoir si le BN fonctionne pour nous ?

Ne vous fiez pas uniquement à la position.

Observez également votre confort, l’absence de douleur, les déglutitions de votre bébé et l’efficacité globale du transfert de lait, ainsi que l’évolution de ses urines, de ses selles et de son poids.

À retenir

Le Biological Nurturing est parfois présenté comme « l’allaitement instinctif », mais cela ne signifie pas que toutes les mères devraient naturellement savoir comment allaiter dès la naissance.

L’allaitement possède des bases biologiques. La mère et son bébé disposent de comportements, de réflexes et de compétences qui peuvent participer à sa mise en place.

Mais leur expression dépend aussi des conditions dans lesquelles se déroulent la naissance, les premières rencontres et les tétées, ainsi que de l’environnement hormonal dans lequel se trouve la mère.

Stress, fatigue, manque de soutien, environnement culturel, nombreuses injonctions ou certaines circonstances entourant la naissance peuvent rendre moins spontanée l’expression de ces comportements.

Les premiers jours constituent également une période de transition particulière. Le BN cherche à préserver certains points de continuité entre la vie intra-utérine et la vie après la naissance, notamment en gardant le nouveau-né proche du corps maternel et « à la bonne adresse », près du sein.

En BN, la mère s’installe confortablement et s’incline vers l’arrière tandis que bébé repose contre son corps. La pesanteur, les appuis, le contact ventral, les mouvements et les réflexes du nouveau-né peuvent alors participer à la recherche et à la prise du sein.

Lorsque bébé dispose de compétences de succion efficaces, on peut lui laisser davantage d’initiative.

Lorsqu’une difficulté anatomique et/ou fonctionnelle existe, le BN peut être adapté : il ne s’agit jamais d’attendre que bébé réussisse seul.

L’objectif est de trouver une façon d’allaiter dans laquelle vous êtes confortable, vous restez actrice de votre allaitement, votre bébé peut utiliser au mieux ses compétences et le transfert de lait est efficace.

Vous souhaitez découvrir le Biological Nurturing avec votre bébé ?

Votre bébé s’agite au sein, pousse avec ses jambes, semble avoir du mal à prendre le sein ou vous avez des douleurs pendant les tétées ?

Lors d’une consultation, je peux observer avec vous la façon dont votre bébé utilise son corps, ses appuis et sa succion, évaluer l’efficacité de la tétée et vous aider à trouver une installation adaptée à votre morphologie et aux compétences de votre bébé.

Formée et certifiée au Biological Nurturing, je peux également vous accompagner pour découvrir cette approche et l’adapter à votre situation.

L’objectif n’est pas de vous apprendre une nouvelle « position parfaite », mais de vous aider à comprendre votre bébé, vous redonner confiance en vos capacités, à retrouver du confort et à trouver ce qui fonctionne pour vous deux.


Typhaine Joie - Consultante en lactation

Titulaire du Diplôme Universitaire en Allaitement Maternel

Formée et certifiée au Biological Nurturing

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