Engorgement pendant l’allaitement : causes et solutions
Lors de la montée de lait, les seins deviennent naturellement plus volumineux et tendus. Mais lorsque la tension devient importante et que le lait ne s’évacue plus correctement, un engorgement pathologique peut s’installer. Il peut également apparaître plus tard au cours de l’allaitement. Découvrez comment reconnaître un engorgement, soulager le sein et comprendre sa cause pour éviter qu’il ne se reproduise.

Vos seins sont gonflés, très tendus ou douloureux ? Votre bébé a soudainement du mal à prendre le sein ? Vous avez l’impression d’avoir énormément de lait, mais celui-ci semble difficile à faire sortir ?
Il peut s’agir d’un engorgement mammaire.
L’engorgement est particulièrement fréquent dans les premiers jours après la naissance, au moment de la montée de lait. Mais il peut aussi survenir plusieurs semaines ou plusieurs mois plus tard, après une tétée sautée, une nuit plus longue, une tétée inefficace, une séparation avec bébé ou tout autre changement dans le rythme de l’allaitement.
Pour comprendre ce qui se passe dans vos seins et savoir comment réagir, il faut d’abord distinguer l’engorgement physiologique de la montée de lait d’un engorgement pathologique.
Engorgement physiologique ou pathologique : quelle différence ?
L’engorgement physiologique : la « montée de lait »
Dans les premiers jours après la naissance, les seins augmentent naturellement de volume et deviennent généralement plus tendus et plus chauds. C’est ce que l’on appelle couramment la « montée de lait », ou plénitude mammaire.
Cette étape est normale et physiologique. Elle correspond au démarrage d’une production plus abondante de lait.
Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, tout le volume supplémentaire ressenti dans les seins n’est pas uniquement du lait.
Le débit sanguin augmente fortement et les tissus mammaires peuvent également contenir davantage de liquide. Cette congestion vasculaire et cet œdème participent à la sensation de seins plus volumineux et plus tendus.
Certaines circonstances peuvent accentuer cet œdème. Les femmes ayant reçu des quantités importantes de liquides par perfusion pendant le travail ou l’accouchement peuvent notamment présenter davantage de rétention de liquide dans les tissus. Au moment de la montée de lait, les seins peuvent alors être particulièrement gonflés et tendus.
Cela permet aussi de comprendre pourquoi un sein très volumineux et très dur ne signifie pas nécessairement qu’il contient une quantité exceptionnellement importante de lait.
Cette plénitude est ressentie très différemment selon les femmes. Certaines constatent simplement une augmentation du volume de leurs seins, tandis que d’autres ressentent une tension ou un inconfort plus marqué.
Quand l’engorgement devient-il pathologique ?
Dans les premiers jours, l’engorgement physiologique peut prendre des proportions importantes, notamment lorsqu’une stase de lait vient s’y ajouter.
Le sein devient alors très tendu, dur et douloureux. L’œdème peut augmenter, l’aréole devenir très ferme et le lait avoir davantage de difficultés à s’écouler.
Un cercle peut alors s’installer :
sein très tendu → écoulement du lait plus difficile → bébé draine moins efficacement le sein → davantage de lait stagne → la tension augmente encore.
C’est ce que l’on appelle un engorgement pathologique précoce.
Mais l’engorgement pathologique n’est pas réservé à la montée de lait.
Il peut également apparaître à n’importe quel moment de l’allaitement lorsqu’une stase lactée importante survient. On parle alors d’engorgement secondaire.
Cela peut arriver, par exemple, après une tétée sautée, lorsque bébé commence à dormir beaucoup plus longtemps, lors d’une séparation, d’un tirage manqué, d’un changement important de rythme ou au cours d’un sevrage.
Comment reconnaître un engorgement mammaire ?
Lors d’un engorgement pathologique, les seins peuvent devenir :
- très tendus et durs ;
- gonflés ;
- chauds ;
- très sensibles ou douloureux ;
- difficiles à comprimer.
La peau peut paraître tendue ou brillante.
L’œdème peut également toucher l’aréole. Celle-ci devient alors ferme et difficile à comprimer, et le mamelon peut sembler plus plat.
Bébé peut soudainement avoir du mal à prendre le sein alors qu’il y arrivait auparavant.
Le lait peut également avoir plus de difficultés à s’écouler malgré un sein très plein.
Dans les premiers jours, l’engorgement pathologique touche généralement les deux seins. Il peut parfois s’étendre vers le creux de l’aisselle, où se prolonge le tissu mammaire.
Une fébricule ou des frissons peuvent parfois accompagner un engorgement important. Leur présence ne suffit donc pas, à elle seule, à conclure à une infection.
Pourquoi mon bébé n’arrive-t-il plus à prendre mon sein ?
Lorsque l’aréole est très œdématiée, elle peut devenir tellement tendue que bébé n’arrive plus à la saisir correctement. L’écoulement du lait peut lui aussi devenir plus difficile.
Imaginez la différence entre essayer de saisir une surface souple et une balle extrêmement gonflée : la seconde est beaucoup plus difficile à prendre profondément en bouche.
Bébé peut alors glisser vers le mamelon, s’agacer, prendre et lâcher le sein ou ne réussir à téter que superficiellement.
Une prise du sein trop superficielle peut également entraîner des douleurs et favoriser l’apparition de lésions du mamelon.
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Et plus bébé retire difficilement le lait, plus l’engorgement risque de s’entretenir.
Dans cette situation, assouplir l’aréole avant de remettre bébé au sein peut être très utile.
Comment assouplir une aréole très gonflée ?
Une technique appelée assouplissement par contre-pression aréolaire peut être utilisée lorsque l’œdème rend l’aréole très tendue.
Le principe consiste à placer les doigts autour du mamelon puis à exercer une pression continue vers l’intérieur du sein pendant un court moment.
Cette pression déplace temporairement une partie du liquide présent dans les tissus autour de l’aréole.
L’objectif n’est pas de repousser le lait dans le sein, mais de diminuer temporairement l’œdème aréolaire.
L’aréole devient alors plus souple, ce qui peut faciliter :
- la prise du sein par bébé ;
- l’expression manuelle ;
- l’utilisation du tire-lait ;
- l’écoulement du lait.
La manœuvre doit rester douce et non douloureuse.
Voir la technique en vidéo : Assouplissement par contre-pression aréolaire
Comment soulager un engorgement pendant l’allaitement ?
La prise en charge poursuit deux objectifs principaux : diminuer l’œdème et l’inflammation, tout en permettant au lait qui stagne de s’évacuer.
La manière de drainer le sein dépend cependant de la situation.
Faire téter bébé s’il tète efficacement
Si votre bébé peut prendre le sein et boire efficacement, la tétée permet naturellement d’évacuer le lait.
Il n’est pas nécessaire de limiter arbitrairement la durée ou la fréquence des tétées.
Ce qui compte surtout est leur efficacité.
Pendant la tétée, observez les déglutitions de votre bébé et l’évolution du sein : devient-il progressivement plus souple ?
Un bébé peut rester longtemps au sein sans nécessairement retirer beaucoup de lait. Si les tétées sont nombreuses mais que les seins restent très tendus, il est donc intéressant de vérifier la prise du sein et l’efficacité de la succion.
Exprimer du lait si bébé ne draine pas suffisamment le sein
Si bébé ne peut pas téter, n’arrive pas à prendre le sein ou ne retire pas suffisamment de lait, une expression peut être nécessaire.
Elle peut être réalisée manuellement ou avec un tire-lait.
En cas d’engorgement important, l’expression manuelle peut parfois être difficile au départ à cause de l’œdème. Assouplir d’abord l’aréole peut alors faciliter l’écoulement.
L’objectif est de permettre au lait de s’évacuer afin que le sein retrouve progressivement une bonne souplesse.
Faut-il complètement « vider » un sein engorgé ?
Il n’existe pas une consigne unique valable dans toutes les situations.
Si votre production correspond habituellement aux besoins de votre bébé et qu’une stase s’est installée après une tétée sautée ou parce que le sein n’a momentanément pas été suffisamment drainé, un drainage efficace peut être nécessaire, jusqu’à retrouver un sein nettement plus souple.
La situation est différente lorsqu’il existe une hyperlactation, c’est-à-dire une production de lait supérieure aux besoins de bébé.
Des seins presque constamment pleins, des fuites très importantes et des engorgements à répétition peuvent notamment orienter vers cette situation.
Retirer systématiquement de grandes quantités de lait peut alors entretenir la stimulation et la surproduction. Le drainage doit donc être adapté à la situation.
C’est pourquoi les conseils « il faut toujours vider complètement le sein » et « il ne faut jamais vider le sein » sont tous les deux trop simplistes.
Ce qui compte est de permettre au lait de s’évacuer et de retrouver un sein suffisamment souple, tout en tenant compte de la cause de l’engorgement et du niveau de production.
Peut-on utiliser un tire-lait en cas d’engorgement ?
Oui. Le tire-lait peut être très utile lorsqu’une expression du lait est nécessaire. Mais il doit être utilisé correctement.
Si l’aréole est gonflée et dure, commencez par l’assouplir. Une expression manuelle douce peut également être réalisée avant le tirage.
Il est ensuite important de vérifier :
- la taille des téterelles ;
- le positionnement du mamelon ;
- le niveau d’aspiration ;
- le confort pendant le tirage ;
- l’efficacité réelle de l’extraction.
Une aspiration plus forte ne signifie pas forcément une meilleure extraction.
Une téterelle inadaptée ou une aspiration excessive peuvent au contraire provoquer des douleurs et majorer le traumatisme ou l’œdème.
Si votre sein est extrêmement tendu mais que presque aucun lait ne sort au tire-lait, augmenter encore la puissance n’est pas la solution.
Faut-il masser un sein engorgé ?
Les massages profonds, vigoureux ou douloureux ne sont pas recommandés.
Un sein engorgé présente déjà de l’œdème et de l’inflammation. Le pétrir fortement pour essayer de « faire sortir le lait » peut augmenter les traumatismes locaux.
Privilégiez plutôt des gestes doux et superficiels, qui peuvent accompagner le drainage lymphatique et améliorer le confort.
Un massage ne devrait pas faire mal.
Froid ou chaud : que choisir en cas d’engorgement ?
Le froid
Le froid peut aider à diminuer la douleur et le gonflement.
Une poche froide enveloppée dans un tissu peut être appliquée sur le sein, notamment entre les tétées ou après avoir drainé le sein, si vous le supportez et que cela vous fait du bien.
N’appliquez pas directement de glace sur la peau.
Le chaud
Une chaleur douce peut être agréable juste avant ou pendant une tétée ou une expression et favoriser le réflexe d’éjection chez certaines femmes.
En revanche, une chaleur importante ou prolongée peut accentuer la vasodilatation et potentiellement l’œdème. Il n’est donc pas nécessaire de chauffer systématiquement le sein pour le « déboucher ».
Si une chaleur douce vous fait du bien et facilite l’éjection du lait, vous pouvez l’utiliser.
Les feuilles de chou peuvent-elles soulager un engorgement ?
Les feuilles de chou froides peuvent être utilisées pour soulager la douleur et la tension liées à l’engorgement, même si les données scientifiques restent limitées.
Une étude randomisée menée auprès de 227 mères présentant un engorgement dans les 14 jours suivant l’accouchement a comparé les feuilles de chou froides, les poches de gel froid et les soins habituels. Les feuilles de chou comme les poches de gel ont diminué la douleur. Une diminution de la dureté mammaire a également été observée avec le chou et, à certains temps de mesure, les résultats étaient meilleurs qu’avec le gel froid.
Ces résultats restent cependant à interpréter avec prudence : la revue Cochrane conclut que les feuilles de chou pourraient apporter un bénéfice, notamment sur la douleur, mais que le niveau de certitude des données reste faible à très faible.
Concernant leur préparation, certains protocoles de recherche ont retiré la grosse nervure centrale afin de faciliter l’application de la feuille sur le sein. Certaines mamans choisissent également d’assouplir la feuille à l’aide d’un rouleau afin qu’elle épouse plus facilement la forme du sein. Il s’agit d’une astuce pratique : les études disponibles n’ont pas évalué si écraser les nervures ou faire sortir le suc améliore l’efficacité du chou.
Les feuilles de chou peuvent donc être utilisées comme mesure de confort, mais elles ne remplacent pas la recherche de la cause de l’engorgement ni une prise en charge adaptée lorsque le lait ne s’évacue pas suffisamment.
Comment diminuer la douleur ?
Le repos, des gestes doux favorisant le drainage lymphatique, la diminution de l’œdème et une évacuation adaptée du lait peuvent contribuer à améliorer le confort.
En cas de douleur importante, certains antalgiques ou anti-inflammatoires peuvent également être utilisés pendant l’allaitement. Le choix du médicament, sa dose et les éventuelles contre-indications doivent être vérifiés auprès de votre médecin, sage-femme ou pharmacien.
Pourquoi ai-je fait un engorgement plusieurs semaines après la naissance ?
Lorsqu’un engorgement apparaît à distance de la montée de lait, il existe généralement une stase lactée : il apparaît momentanément un déséquilibre entre la quantité de lait produite et celle qui est retirée du sein.
Il faut alors rechercher ce qui a changé. Cela peut être :
- des tétées soudainement plus espacées ;
- une tétée sautée ;
- un bébé qui commence à faire ses nuits ;
- une séparation avec bébé ;
- un tirage manqué lors de la reprise du travail ;
- des tétées peu efficaces ;
- une diminution trop rapide des tétées lors d’un sevrage ;
- une production de lait très abondante ;
- une pression prolongée sur une partie du sein.
Un changement de soutien-gorge, une compression répétée, dormir longtemps dans une position exerçant une pression sur le sein ou même une ceinture de sécurité appuyant longtemps sur une même zone peuvent être des éléments à rechercher lorsqu’un engorgement est localisé ou récidivant.
Le traitement d’un engorgement secondaire ne consiste donc pas seulement à soulager le sein : il faut également identifier et corriger sa cause.
Comment prévenir les engorgements ?
Dans les premiers jours, la prévention repose principalement sur un bon démarrage de l’allaitement.
Favoriser la proximité avec bébé permet de repérer rapidement ses signes d’éveil et de proposer le sein lorsqu’il manifeste son besoin de téter. Les tétées ne doivent pas être arbitrairement limitées en fréquence ou en durée.
Mais leur fréquence ne suffit pas : elles doivent également être efficaces.
Si votre bébé tète beaucoup mais que vos seins deviennent progressivement plus durs, il est important de vérifier qu’il retire réellement suffisamment de lait.
Plus tard, il est utile d’anticiper les changements importants : reprise du travail, séparation, disparition d’une tétée nocturne ou sevrage.
Lors d’un sevrage notamment, diminuer progressivement les tétées permet généralement aux seins d’adapter leur production plus facilement qu’un arrêt brutal.
Pourquoi mes engorgements reviennent-ils régulièrement ?
Un engorgement ponctuel après une nuit exceptionnellement longue n’est pas la même chose que des engorgements qui surviennent régulièrement.
Lorsqu’ils se répètent, il faut rechercher leur cause.
Votre bébé retire-t-il suffisamment de lait ? Sa prise du sein est-elle efficace ? Votre production est-elle particulièrement abondante ? Vos tirages sont-ils adaptés à vos besoins ? Votre tire-lait et vos téterelles sont-ils adaptés ? Une zone du sein est-elle régulièrement comprimée ? Le rythme des tétées a-t-il changé ?
C’est ici que l’accompagnement individualisé prend tout son sens : deux femmes présentant apparemment le même engorgement peuvent avoir besoin de conduites différentes.
Chez l’une, il faudra améliorer le drainage parce que bébé retire insuffisamment le lait.
Chez une autre, des tirages trop nombreux peuvent entretenir une hyperlactation et favoriser les récidives.
Chez une troisième, l’œdème de l’aréole peut empêcher bébé ou le tire-lait d’être efficace tant que celle-ci n’a pas été assouplie.
Soulager l’engorgement est donc important. Comprendre pourquoi il est apparu permet d’éviter qu’il ne recommence.
Un engorgement peut-il évoluer vers une mastite ?
Un engorgement important qui persiste peut favoriser une inflammation plus importante du sein et évoluer vers une mastite. Cela ne signifie pas que chaque engorgement va se transformer en mastite. Mais une situation qui ne s’améliore pas ou qui s’aggrave doit être réévaluée.
La mastite mérite cependant d’être abordée séparément, car sa prise en charge ne se résume pas à celle d’un engorgement.
Quand consulter pour un engorgement ?
Demandez de l’aide si votre sein reste très dur et douloureux malgré les mesures mises en place, si vous n’arrivez pas à retrouver suffisamment de souplesse ou si votre bébé n’arrive plus à prendre le sein.
Une consultation est également intéressante lorsque les engorgements ne passent pas, se répètent ou que vous ne comprenez pas leur cause.
Une évaluation médicale est particulièrement importante si :
- la douleur augmente ;
- une rougeur importante apparaît ou s’étend ;
- une masse persiste ;
- vous présentez une fièvre importante ou persistante ;
- des frissons ou un état pseudo-grippal important apparaissent ;
- votre état général se dégrade.
Il faut également vérifier rapidement la situation si votre bébé semble boire insuffisamment, mouille moins ses couches ou si sa prise de poids est préoccupante.
FAQ – Engorgement et allaitement
Combien de temps dure un engorgement mammaire ?
La durée d’un engorgement dépend de sa cause et de son importance. Lorsqu’il est pris en charge efficacement, le sein doit progressivement devenir plus souple et moins douloureux.
Si l’engorgement persiste, s’aggrave ou revient régulièrement, il est important d’en rechercher la cause plutôt que de simplement essayer de soulager les symptômes.
Faut-il vider complètement un sein engorgé ?
Il n’existe pas une réponse unique.
Lorsqu’une stase de lait est à l’origine de l’engorgement et qu’il n’existe pas d’hyperlactation, un drainage efficace peut être nécessaire jusqu’à retrouver un sein nettement plus souple.
En revanche, en cas d’hyperlactation, retirer systématiquement de grandes quantités de lait peut stimuler davantage la production et entretenir les engorgements.
La quantité de lait à retirer doit donc être adaptée à la cause de l’engorgement et à votre niveau de production.
Peut-on utiliser un tire-lait en cas d’engorgement ?
Oui. Le tire-lait peut être très utile lorsque bébé ne parvient pas à retirer suffisamment de lait ou lorsqu’une expression est nécessaire.
Si l’aréole est très gonflée et tendue, l’assouplir avant le tirage peut faciliter l’écoulement du lait.
Il est également important d’utiliser une téterelle adaptée et une aspiration confortable : augmenter fortement la puissance du tire-lait ne permet pas nécessairement de retirer davantage de lait.
Comment soulager rapidement un engorgement ?
L’objectif est à la fois de diminuer l’œdème et l’inflammation et de permettre au lait qui stagne de s’évacuer.
Selon la situation, cela peut passer par une tétée efficace, l’assouplissement de l’aréole, une expression manuelle ou au tire-lait, des gestes doux favorisant le drainage lymphatique et l’utilisation du froid si celui-ci vous apporte du confort.
La conduite doit cependant être adaptée à la cause de l’engorgement, notamment en présence d’une hyperlactation.
Quelle différence entre un engorgement et une mastite ?
Un engorgement est lié à une congestion et un œdème du sein auxquels peut s’ajouter une stase de lait. Le sein peut devenir très tendu, dur et douloureux et le lait avoir davantage de difficultés à s’écouler.
La mastite correspond à une inflammation mammaire. Certains symptômes peuvent se chevaucher : la présence de frissons ou d’une légère élévation de température ne suffit notamment pas, à elle seule, à conclure à une infection.
Si la douleur augmente, qu’une rougeur importante apparaît ou s’étend, que la fièvre est importante ou persistante, que des symptômes pseudo-grippaux apparaissent ou que votre état général se dégrade, une évaluation médicale est nécessaire.
À retenir
Dans les premiers jours de l’allaitement, les seins deviennent naturellement plus volumineux et tendus : cette plénitude mammaire, ou « montée de lait », est physiologique.
Elle n’est pas uniquement liée au lait. L’augmentation du débit sanguin et l’œdème des tissus participent également au gonflement des seins, parfois davantage lorsque d’importantes quantités de liquides ont été administrées par perfusion pendant l’accouchement.
Cette situation peut devenir pathologique lorsqu’une stase lactée importante se surajoute et que le sein devient très dur, douloureux et difficile à drainer.
Un engorgement peut également survenir beaucoup plus tard dans l’allaitement dès qu’un déséquilibre apparaît entre la quantité de lait produite et celle qui est retirée du sein.
Pour le soulager, il faut donc agir sur les deux composantes : limiter l’œdème et l’inflammation tout en permettant une évacuation adaptée du lait.
Et lorsque l’engorgement se répète, l’objectif n’est plus seulement de soulager le sein : il faut comprendre pourquoi il s’engorge.
Vous avez un engorgement et vous ne savez pas quoi faire ?
Faut-il faire téter davantage votre bébé ? Utiliser votre tire-lait ? Combien de lait retirer ? Pourquoi le lait ne sort-il pas alors que votre sein est très tendu ? Et surtout, comment éviter que cela recommence ?
Il n’existe pas une réponse identique pour toutes les situations.
Lors d’une consultation, je peux vous aider à retrouver du confort, à identifier la cause de l’engorgement, observer la prise du sein et l’efficacité de la tétée, évaluer le transfert de lait de votre bébé et, si vous tirez votre lait, vérifier avec vous votre matériel et son utilisation.
L’objectif est de vous aider à soulager l’engorgement actuel, mais aussi de vous permettre de comprendre ce qui se passe dans votre allaitement et de retrouver de la sérénité pour la suite.
Typhaine Joie
Consultante en lactation - Diplôme Universitaire en Allaitement Maternel
Cet article apporte des informations générales et ne remplace pas une consultation. En cas de douleur importante ou qui s’aggrave, de rougeur étendue, de fièvre importante ou persistante, de masse persistante ou d’altération de l’état général, consultez un professionnel de santé.